avait peur.
Pas seulement d’Hélène.
De ce que Julien avait pu cacher.
« Parce que ta mère dort probablement », répondis-je.
« Et parce qu’après ce que tu as vécu aujourd’hui, Noah a besoin de se réveiller ici avec toi. »
Elle hocha la tête.
Puis elle murmura : « Je croyais que vous alliez me demander de partir aussi. »
« Pourquoi ? »
« Parce qu’Hélène parle toujours comme si elle exprimait ce que toute la famille pense mais n’ose pas dire. »
Je restai silencieux un instant.
« Alors j’aurais dû la contredire plus tôt. »
Camille me regarda.
« Julien m’avait prévenue qu’elle ne m’accepterait jamais complètement. »
« Il m’avait dit la même chose. »
« Et vous ? »
La question était simple, mais je compris ce qu’elle demandait vraiment.
« Au début, j’ai eu peur que ton monde et le sien soient trop différents », admis-je.
« Je me suis demandé si vous tiendriez.
Puis j’ai vu mon fils devenir plus calme, plus heureux et moins obsédé par ce que les autres pensaient.
J’ai compris que tu ne l’éloignais pas de sa famille.
Tu lui apprenais à choisir ce qui comptait. »
Camille baissa les yeux.
« Il me manque. »
« À moi aussi. »
Le lendemain matin, nous partîmes pour Arcachon.
La mère de Camille, Sophie, habitait une petite maison à quelques rues du bassin.
Elle nous ouvrit en robe de chambre, inquiète de nous voir si tôt.
« Qu’est-ce qui se passe ? »
Camille entra directement.
« Maman, tu as toujours ta vieille boîte à couture verte ? »
Sophie cligna des yeux.
« Bien sûr.
Pourquoi ? »
La boîte se trouvait dans une armoire de la chambre d’amis.
Camille la posa sur le lit et souleva le couvercle.
Bobines, aiguilles, rubans, boutons.
Elle fouilla quelques secondes.
Puis s’arrêta.
La petite clé était là.
En la voyant, je ressentis un mélange étrange de soulagement et d’appréhension.
« Nous savons ce qu’elle ouvre ? » demanda Sophie.
Camille secoua la tête.
Je pris la clé.
Un minuscule numéro était gravé sur la tête : 317.
« Consigne », dis-je.
« À la gare ? » demanda Camille.
« Peut-être.
Ou dans un coffre privé. »
Nous passâmes la matinée à chercher dans les affaires que Julien avait laissées.
Finalement, Camille retrouva dans une ancienne pochette de voyage une carte sans logo portant uniquement une adresse à Bordeaux et le numéro 317.
L’adresse correspondait à une société privée de conservation de documents.
Deux heures plus tard, après vérification de l’identité de Camille et plusieurs appels juridiques, un employé nous conduisit dans une petite salle sécurisée.
Il posa devant nous une boîte métallique étroite.
Numéro 317.
Camille introduisit la clé.
Elle tremblait légèrement.
« Tu veux que je le fasse ? » demandai-je.
« Non. »
Elle tourna la clé.
Le couvercle s’ouvrit.
À l’intérieur se trouvaient un disque dur, plusieurs enveloppes et une lettre portant son prénom.
Camille resta immobile.
« Ouvre la lettre d’abord », dis-je.
Elle déchira lentement l’enveloppe.
Le texte était de la main de Julien.
Elle lut en silence, puis s’assit.
« Qu’est-ce qu’il dit ? »
Elle me tendit la feuille.
Julien écrivait qu’il avait découvert des irrégularités dans plusieurs contrats de la fondation.
Il