Il a brûlé sa robe sans savoir qui possédait réellement son entreprise

faire échouer un projet.

Il avait bu deux verres de whisky dans la cuisine et déclaré que les affaires exigeaient parfois de faire confiance aux mauvaises personnes.

Claire avait cru qu’il parlait d’un conflit professionnel ordinaire.

À présent, la phrase prenait un autre sens.

Antoine invita les personnes concernées dans un salon privé adjacent.

Claire, Julien, Camille, Philippe, Étienne et la directrice conformité, Sonia Maurel, quittèrent le ballroom.

À peine la porte refermée, Julien se tourna vers Claire.

« Avant tout, je veux te parler de nous. »

Elle le regarda avec stupéfaction.

« Maintenant ? »

« Ce qui s’est passé chez nous n’a rien à voir avec ça. »

Claire posa ses deux mains sur le dossier d’une chaise.

« Tu as raison.

Nous parlerons de notre mariage séparément.

Pour le moment, je suis la présidente du groupe et toi, un cadre faisant l’objet d’une enquête. »

Julien ouvrit la bouche.

Elle poursuivit :

« Et si tu essaies d’utiliser notre mariage pour influencer cette enquête, je quitterai immédiatement la pièce et laisserai le comité d’audit gérer la suite sans moi. »

Il se tut.

Sonia Maurel alluma une tablette.

« Nous avons trois ensembles d’éléments.

Premièrement, les contrats Bellier Transit.

Deuxièmement, des modifications de critères d’appel d’offres intervenues quarante-huit heures avant attribution.

Troisièmement, un projet de cession d’entrepôts qui devait être présenté lundi. »

Claire fronça les sourcils.

« Quelle cession ? »

Antoine sembla surpris.

« Vous n’avez pas vu la note ? »

« Non. »

Julien intervint trop vite.

« Parce que ce n’était qu’une hypothèse de travail. »

Sonia le regarda.

« Une hypothèse comportant déjà des lettres d’intention signées ? »

Il se figea.

Camille ouvrit son sac et sortit une clé USB.

« Il y a les versions intermédiaires ici. »

Julien se tourna vers elle.

« Tu n’avais pas le droit de prendre ça. »

Camille eut un rire nerveux.

« Tu me l’as envoyé toi-même.

Tu voulais que je demande à mon père si le conseil risquait de bloquer l’opération. »

Philippe se passa une main sur le visage.

« Camille… »

« Je sais.

J’aurais dû te le dire tout de suite. »

Sonia brancha la clé sur un ordinateur isolé du réseau principal.

Plusieurs fichiers apparurent.

Claire lut les noms en silence.

Projet Atlas.

Cession Nord-Est.

Bénéficiaire final.

Étienne s’approcha.

« Ouvrez le dernier. »

Sonia le fit.

Un organigramme juridique apparut à l’écran.

En haut, une société française.

En dessous, deux holdings luxembourgeoises.

Puis une fiducie privée.

Et enfin un bénéficiaire déclaré.

Claire sentit tout son corps se refroidir.

Le nom affiché était Laurent Varenne.

Son oncle.

Le frère cadet de son père.

Un homme qui n’avait plus de fonction officielle dans le groupe depuis douze ans.

Un homme qui avait contesté pendant des mois les dispositions testamentaires d’Auguste Varenne.

Un homme que Claire n’avait pas vu depuis les funérailles de son grand-père.

Étienne murmura :

« C’est impossible. »

Claire ne répondit pas.

Julien regardait l’écran.

Son expression lui donna la première véritable réponse.

Il connaissait ce nom.

Claire se tourna vers lui.

« Depuis quand travailles-tu avec Laurent ? »

« Je ne travaille pas avec lui. »

« Julien. »

« J’ai rencontré un consultant qui représentait des investisseurs.

Je n’ai appris que

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