leva les yeux.
« Vous êtes certaine ? »
« Il était à leur mariage. »
Ils continuèrent.
Un courriel montrait Claire demandant à Nicolas de ne plus utiliser certains comptes après le 1er novembre.
Un autre évoquait la nécessité de « régler les papiers avant que A.
comprenne ».
Ce n’était pas encore une preuve suffisante d’un crime précis, mais le motif devenait évident.
Puis Henri vit le fichier audio nommé 17_OCTOBRE.
« Vous voulez l’écouter ? »
Madeleine pensa à la dernière phrase de son fils.
« Oui. »
L’enregistrement commença au milieu d’une conversation.
La voix d’Adrien était tendue.
« J’ai les relevés.
Ne me dis plus que c’est une erreur. »
Claire répondit calmement.
« Tu dramatises tout. »
« Huit cent mille euros ne sont pas une erreur.
Et j’ai vu le document chez Vernet.
Ce faux testament porte ma signature. »
Un silence.
« Tu aurais dû signer le vrai quand je te l’ai demandé », dit Claire.
« Il n’y aura aucun nouveau testament.
Demain, j’appelle Delmas et mon avocat.
Après ça, je demande un audit complet. »
La voix de Claire devint plus basse.
« Alors assure-toi d’être encore capable de l’appeler demain. »
Fin de l’enregistrement.
Henri resta immobile.
Madeleine sentit ses mains devenir froides.
« Ce n’est pas une confession », dit-il enfin.
« Non. »
« Mais la police doit entendre ça. »
Avant qu’ils puissent faire quoi que ce soit, trois coups retentirent contre la porte.
Henri regarda Madeleine.
Trois nouveaux coups.
Puis une voix.
« Madeleine ? Ouvrez. »
Claire.
Madeleine retira rapidement la clé USB de l’ordinateur et la glissa dans sa manche.
Henri chuchota :
« Comment sait-elle que vous êtes ici ? »
Claire frappa encore.
« Je sais que vous avez trouvé la boîte. »
Le silence dans la pièce changea de nature.
Madeleine se leva.
Pendant dix-sept ans, elle s’était effacée pour éviter les conflits.
Elle avait confondu la patience avec la paix et le silence avec l’amour.
Cette femme avait compté là-dessus.
Madeleine ouvrit la porte, mais laissa la chaîne de sécurité en place.
Claire se tenait sous un parapluie noir.
Derrière elle, une voiture attendait moteur allumé.
« Donnez-moi ce que vous avez trouvé », dit-elle.
« Je ne sais pas de quoi tu parles. »
Pour la première fois, Claire perdit une partie de son calme.
« Adrien cachait des choses ici.
Il me l’avait dit pendant une dispute.
Donnez-moi la boîte et je vous laisserai tranquille. »
Madeleine observa son visage.
« Tu m’as déjà laissée tranquille.
Dans une maison sans chauffage.
Après avoir enterré mon fils. »
Claire serra la mâchoire.
« Vous voulez de l’argent ? »
Cette question fit comprendre à Madeleine quelque chose d’essentiel.
Claire avait peur.
Pas d’elle.
De ce qu’Adrien avait laissé.
« Va-t’en », dit Madeleine.
Claire se rapprocha de la porte.
« Vous ne savez pas dans quoi vous mettez les pieds. »
« Peut-être.
Mais Adrien, lui, le savait. »
Claire pâlit.
Madeleine referma la porte.
Une minute plus tard, la voiture repartit.
Henri avait déjà composé le numéro de la gendarmerie.
Les heures suivantes furent longues.
Madeleine remit la lettre, la photographie et une copie de la clé USB aux enquêteurs.
Elle expliqua les circonstances de la mort