Après sept ans de silence, mon père est venu réclamer 55 000 €

haut-parleur.

Bessières a décroché à la troisième sonnerie.

« Paul ? »

« Laurent, désolé de t’appeler ce soir.

Je suis au Verlaine.

J’ai besoin de joindre rapidement le propriétaire du bâtiment. »

Un silence.

« Pourquoi ? »

« Un problème avec l’exploitante.

Ma fille, Élodie. »

Nouveau silence.

« Paul, tu es avec elle en ce moment ? »

Mon père m’a regardée.

« Oui. »

« Alors tu devrais peut-être lui demander directement. »

Le visage de mon père a changé.

« Demander quoi ? »

« Comment joindre la propriétaire. »

« Je ne comprends pas. »

Bessières a hésité.

« La société des murs est Maison Rive Gauche SAS.

Élodie en détient la majorité depuis l’an dernier, sauf changement récent. »

J’ai posé ma main sur l’enveloppe.

« Il y a eu un changement à seize heures quarante-deux », ai-je dit.

« J’ai finalisé le rachat des parts restantes. »

Personne n’a parlé.

Bessières, comprenant probablement la situation, a mis fin à l’appel avec une formule rapide.

Mon père gardait le téléphone dans sa main.

Son visage était devenu gris.

« Tu possèdes tout l’immeuble ? »

« La société qui le possède, oui. »

« Depuis quand ? »

« Suffisamment longtemps. »

Il a repoussé son siège.

« Donc tu nous as piégés. »

Cette accusation m’a presque fait rire.

« Vous êtes venus sans prévenir.

Vous m’avez demandé de l’argent.

Tu m’as menacée.

Où est le piège ? »

« Tu aurais pu dire que tu étais propriétaire. »

« Tu aurais pu demander comment j’allais. »

Le silence qui a suivi a été différent.

Ma mère a baissé la tête.

Pour la première fois de la soirée, quelque chose ressemblant à de la honte est apparu sur son visage.

Puis Antoine est descendu de l’escalier.

Il semblait contrarié.

« Qu’est-ce qui se passe ? Solène m’a envoyé trois messages. »

Mon père s’est retourné.

« Ta sœur refuse de nous aider pour la maison. »

Antoine a regardé Solène.

Puis moi.

« Quelle maison ? »

Je me suis figée.

Solène est devenue blanche.

« Antoine… »

« Quelle maison ? » a-t-il répété.

Mon père a serré les dents.

« Ne commence pas. »

Antoine s’est approché.

« Papa, de quoi tu parles ? »

J’ai regardé ma mère.

Elle avait les yeux fermés.

Et j’ai compris que le problème était plus profond.

« Ils m’ont demandé cinquante-cinq mille euros », ai-je dit.

« Pour compléter votre apport sur une maison à Caudéran. »

Antoine a fixé son père.

« Je n’achète aucune maison à Caudéran. »

Solène s’est levée brusquement.

« Je t’expliquerai. »

« Explique maintenant. »

Mon père a frappé la table du plat de la main, suffisamment fort pour faire vibrer les verres.

Quelques clients se sont retournés.

Je me suis immédiatement redressée.

« Pas dans mon restaurant. »

Il m’a ignorée.

« Antoine, ta mère et moi essayons simplement d’éviter une catastrophe. »

« Quelle catastrophe ? »

Ma mère a commencé à pleurer silencieusement.

Mon père a respiré profondément.

« J’ai fait un investissement. »

Antoine a ri sans humour.

« Bien sûr. »

« Ce n’était pas censé tourner comme ça. »

Il s’agissait d’un projet immobilier dans une commune voisine.

Un ancien

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