Ils l’ont abandonnée devant le palace sans savoir qu’il lui appartenait

rendre la même place dans sa vie.

Six mois plus tard, elle revint aux Terrasses d’Orme pour inaugurer un programme de formation destiné aux jeunes employés de l’hôtellerie issus de milieux modestes.

Ce n’était pas une réponse à Sabine.

L’idée existait depuis longtemps dans ses notes.

Mais cette journée lui avait rappelé pourquoi elle comptait.

À l’issue de la cérémonie, Nora descendit seule vers l’entrée principale.

Le même agent de sécurité était en poste.

Il la reconnut immédiatement.

« Bonsoir, madame Bellamy. »

« Bonsoir, Karim. »

Il sourit, surpris qu’elle se souvienne de son prénom.

La lumière du soir traversait les pins et dessinait de longues ombres sur la route.

Nora s’arrêta exactement à l’endroit où le minibus l’avait laissée.

Pendant des mois, elle avait pensé que cette scène resterait liée à l’humiliation : la robe tachée, les rires, Hugo détournant les yeux.

Mais debout devant les grilles, elle comprit qu’elle se souvenait surtout de ce qui était arrivé ensuite.

Elle n’avait pas couru derrière le véhicule.

Elle n’avait pas supplié quelqu’un de revenir.

Elle était entrée.

Karim ouvrit le portail.

« Votre voiture vous attend à l’intérieur. »

Nora regarda le chemin qui montait vers le domaine, puis sourit.

« Je vais marcher. »

Cette fois, personne ne lui disait de rentrer à pied pour lui rappeler où était sa place.

Elle choisissait elle-même la direction.

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