sur l’écran lorsqu’il ouvrit leur conversation.
Il n’écrivit rien.
Un administrateur nommé Pascal Moreau demanda à Sabine si elle connaissait déjà la propriétaire principale du domaine.
Sabine eut un rire assuré.
« Pas encore personnellement.
Mais nous fréquentons des cercles proches. »
Nora ferma les yeux une seconde.
Étienne attendait près de la porte.
« On y va ? »
« Oui. »
Il ouvrit.
Les conversations diminuèrent.
Puis cessèrent complètement.
Hugo aperçut Nora le premier.
« Nora ? »
Sabine se retourna.
Son expression passa de la surprise à l’irritation.
« Qu’est-ce que tu fais ici ? »
Nora traversa lentement la pièce.
Elle ne répondit pas.
Étienne tira le fauteuil vide en bout de table.
« Mesdames et messieurs, merci d’accueillir Mme Nora Bellamy, présidente du conseil des Terrasses d’Orme et représentante de Bellamy Participations, notre actionnaire majoritaire. »
Amélie laissa tomber sa serviette.
Sabine devint immobile.
Hugo fixa sa femme comme s’il la voyait pour la première fois.
« Tu… tu possèdes cet endroit ? »
Nora s’assit.
« Cinquante-deux pour cent de la société, pour être précise. »
« Depuis quand ? »
« Avant notre mariage. »
Hugo cligna plusieurs fois des yeux.
« Pourquoi tu ne me l’as jamais dit ? »
Elle le regarda longtemps.
« Je t’ai parlé du redressement des Terrasses d’Orme la semaine où nous nous sommes rencontrés.
Je t’ai parlé de ma holding quand nous avons préparé notre contrat de mariage.
Les documents étaient chez le notaire. »
« Mais tu n’as jamais dit que c’était… ça. »
Il fit un geste vers les fenêtres, le jardin, la mer.
Nora comprit alors quelque chose d’essentiel.
Il ne lui reprochait pas de lui avoir caché une information.
Il lui reprochait de ne pas lui avoir signalé qu’elle méritait davantage de respect.
Sabine reprit enfin la parole.
« Je crois que tout cela vient d’un énorme malentendu. »
Nora se tourna vers elle.
« Lequel ? »
« Cet après-midi.
Nous plaisantions. »
« Vous m’avez abandonnée à la grille. »
« Nous pensions que tu commanderais un taxi. »
Nora regarda Hugo.
« Tu avais commandé un taxi ? »
Il baissa les yeux.
« Non. »
La réponse resta suspendue au-dessus de la table.
Sabine posa une main sur le dossier de sa chaise.
« Ce sont des affaires de famille.
Je ne vois pas pourquoi nous devrions les exposer devant vos collègues. »
« Je suis d’accord », répondit Nora.
« C’est pourquoi nous allons maintenant parler uniquement d’affaires. »
Elle ouvrit son dossier.
« Maison Lemaire souhaite devenir prestataire événementiel principal du domaine.
Je précise officiellement que je me récuse de toute décision sur cette candidature, étant donné notre lien familial.
Les autres administrateurs prendront la décision. »
Sabine sembla reprendre espoir.
« Très professionnel », dit-elle rapidement.
« C’est exactement l’attitude que j’attendais. »
Étienne fit glisser la chemise grise vers Pascal Moreau.
« Il reste néanmoins un problème de conformité. »
Hugo pâlit avant même que le dossier soit ouvert.
Nora le vit.
Cette réaction confirma ce qu’elle espérait encore ne pas comprendre.
Pascal parcourut les premières pages.
« Ces documents appartiennent à Bellamy Conseil ? »
« Certains à mon ancien cabinet, d’autres à moi personnellement », répondit Nora.
Sabine se tourna brutalement vers