se pencha vers son fils.
« Mais vous avez rénové ensemble. »
« Non », dit Élodie.
« J’ai financé les rénovations. »
Elle cita les travaux un à un : toiture, isolation, cuisine, fenêtres, drainage du jardin.
Chaque facture avait été réglée depuis son compte personnel.
Marc serra les papiers.
« Tu ne peux pas me mettre dehors du jour au lendemain. »
« Je n’ai pas dit que j’allais le faire du jour au lendemain.
J’ai dit que vous n’alliez pas vous installer ici comme si j’avais déjà disparu. »
Clara déposa la clé sur la table.
Le bruit métallique attira tous les regards.
« Tu m’avais dit que la maison était à vous deux », dit-elle.
Marc se tourna brusquement vers elle.
« Ce n’est pas le sujet. »
« Si tu m’as menti là-dessus, ça devient un sujet. »
Pour la première fois, Élodie observa Clara autrement.
Elle ne voyait plus seulement la femme avec laquelle son mari l’avait trahie.
Elle voyait quelqu’un qui venait de découvrir qu’elle avait peut-être été utilisée elle aussi.
Marc tenta de reprendre le contrôle.
« Élodie, tu dramatises.
On peut discuter calmement. »
Elle eut presque envie de rire.
Cinq minutes auparavant, il lui demandait de partir.
Maintenant qu’il venait de comprendre que la maison ne pouvait pas simplement devenir la sienne, il voulait discuter calmement.
« Très bien », répondit-elle.
« Parlons des dettes. »
Marc se figea.
Nadine fronça les sourcils.
« Quelles dettes ? Elles sont réglées maintenant, non ? »
Élodie sortit son téléphone.
« Les 138 000 euros d’hier ne correspondent pas seulement aux pertes de son activité. »
Marc fit un pas vers elle.
« Ce n’est pas nécessaire. »
« Au contraire.
Vous êtes tous ici pour organiser ma sortie.
Je pense que chacun mérite de savoir pourquoi j’ai payé. »
Elle expliqua ce qu’elle avait découvert trois semaines plus tôt.
En préparant le virement final, elle avait demandé directement à la banque les historiques complets des comptes que Marc lui avait présentés comme professionnels.
Certaines lignes dataient d’avant leur mariage.
D’autres correspondaient à des prêts personnels contractés sans qu’elle le sache.
Plus troublant encore, plusieurs virements importants partaient vers un compte qu’elle ne connaissait pas.
Élodie n’avait pas confronté Marc immédiatement.
Elle avait commis l’erreur de se dire qu’elle comprendrait après avoir réglé l’urgence.
« Combien de crédits ? » demanda Gérard.
Marc resta silencieux.
« Trois que je ne connaissais pas », répondit Élodie.
« En plus de deux dont il m’avait parlé. »
Nadine regarda son fils avec incrédulité.
« Tu nous avais dit que ton ancien associé t’avait laissé tout ça. »
« C’est compliqué. »
« Ce n’est pas une réponse. »
Marc éleva la voix.
« J’ai dit que c’était compliqué ! »
Le ton changea la pièce entière.
Clara recula.
Gérard se leva du fauteuil.
Élodie, elle, observa Marc.
Elle connaissait ce réflexe.
Chaque fois qu’une question approchait trop près d’un point sensible, il créait un conflit secondaire.
Il attaquait le ton, le moment ou la manière de poser la question pour ne pas avoir à répondre au fond.
Cette fois, personne ne le laissa faire.
« Où est passé l’argent ? » demanda Élodie.
Marc la fixa.
« J’ai investi. »
« Dans quoi ?