Elle paie ses dettes, puis découvre pourquoi son mari voulait la chasser

immédiatement.

La copie avec le petit anneau noir qu’elle avait commandée pour Marc deux ans auparavant.

Marc se trouvait près de la table basse.

Devant lui, une chemise grise attendait.

« Assieds-toi », dit-il.

Élodie descendit les dernières marches sans répondre.

« Qu’est-ce qui se passe ? »

Marc fit glisser la chemise vers elle.

« Mon avocat a préparé une proposition de séparation. »

Elle ne toucha pas au dossier.

Pendant une seconde, le silence fut total.

Puis Nadine parla.

« Nous voulons éviter quelque chose de pénible.

Pour tout le monde. »

Élodie regarda Clara.

« Depuis combien de temps ? »

Clara baissa légèrement les yeux.

Marc répondit :

« Ça n’a pas d’importance. »

« Pour moi, si. »

« Eh bien, pas pour la procédure. »

Le choix du mot frappa Élodie plus durement que n’importe quelle insulte.

Procédure.

Comme si huit années de mariage venaient d’être transformées en dossier administratif.

Marc croisa les bras.

« La situation financière est réglée.

Tu as fait ce que tu pouvais faire de mieux pour nous.

Mais ça ne change pas le fait que notre couple est terminé. »

« Pour nous ? » répéta Élodie.

Marc ne sembla pas entendre l’ironie.

« Clara et moi voulons construire quelque chose.

Mes parents vont rester ici quelque temps.

Ça simplifiera la transition. »

Élodie regarda les valises.

« Vous emménagez aujourd’hui ? »

Nadine répondit presque avec satisfaction.

« Nous avons pensé qu’il valait mieux éviter une période d’incertitude. »

Gérard ajouta :

« Et Marc ne doit pas rester seul en ce moment. »

Élodie sentit une étrange clarté remplacer le choc.

Tout avait été planifié.

Les documents.

Les valises.

La clé donnée à Clara.

Ils n’étaient pas venus annoncer une décision.

Ils étaient venus assister à son expulsion.

Marc poussa les papiers plus près d’elle.

« Tu as un bon salaire.

Tu trouveras facilement un appartement. »

« Et la maison ? »

« On réglera ça avec les avocats. »

Cette phrase fit naître quelque chose de presque comique dans l’esprit d’Élodie.

Elle regarda Marc longuement.

« Tu penses que cette maison t’appartient ? »

Pour la première fois, il hésita.

À peine une seconde.

Puis il retrouva son assurance.

« Nous sommes mariés depuis huit ans.

Évidemment que j’ai des droits. »

Élodie sourit.

« Alors tu devrais vraiment lire les documents que tu signes. »

Elle se dirigea vers le secrétaire en noyer près de la baie vitrée.

Son père l’avait restauré lui-même.

Dans le tiroir inférieur, sous plusieurs dossiers d’assurance, se trouvait une enveloppe bleu nuit.

Elle la posa devant Marc.

« Qu’est-ce que c’est ? » demanda-t-il.

« Lis. »

Marc sortit la copie de l’acte de donation.

La maison avait appartenu au père d’Élodie.

Trois ans avant le mariage, il la lui avait transmise avec une clause maintenant le bien dans son patrimoine personnel.

Après le décès de son père, Élodie avait même fait confirmer la situation par un notaire lors d’une opération de refinancement.

Marc avait signé plusieurs documents attestant qu’il n’était pas propriétaire.

Il n’avait simplement jamais pris le temps de les lire.

Son visage changea.

« Ça ne veut rien dire. »

« Si », répondit Élodie.

« Ça veut dire exactement ce qui est écrit. »

Nadine

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