pourquoi le nom d’Armand n’était pas visible sur toutes les pages.
Marc avait ri, l’avait embrassée sur la tempe et avait dit : « C’est juste administratif, mon amour.
Tu sais comme les cliniques adorent compliquer les choses. »
Elle avait signé.
Parce qu’elle avait confiance.
Parce qu’elle était fatiguée.
Parce qu’elle croyait sauver une vie.
Marc se pencha vers elle.
« Écoute-moi bien.
Tu es sous médicaments.
Tu es choquée.
Tu ne vas rien prouver.
Tu vas signer ces papiers, prendre l’argent et disparaître.
C’est la meilleure issue pour toi. »
Élise le fixa.
« Pour moi ? »
« Oui. »
« Tu as falsifié mon consentement, organisé mon opération, donné une partie de mon corps à un inconnu pour sauver un contrat, et tu appelles ça une issue pour moi ? »
Le visage de Marc se durcit.
« Tu dramatises. »
Quelque chose dans ce mot acheva de la réveiller.
Elle n’était plus seulement une femme trahie dans un lit d’hôpital.
Elle était une preuve vivante.
Une victime qu’ils avaient sous-estimée parce qu’elle avait été douce.
Sa main glissa lentement vers la pochette posée sur elle.
Marc crut qu’elle cherchait les papiers.
Il sourit.
« Voilà.
Sois raisonnable. »
Mais sous la pochette se trouvait son téléphone.
Elle l’avait senti plus tôt contre sa hanche, oublié là par une aide-soignante qui avait posé ses affaires près d’elle.
Quand Marc était entré, Élise, par réflexe, avait appuyé sur l’écran avec le pouce.
Elle ne savait même pas si l’enregistrement avait démarré.
Elle le tira doucement.
L’écran était allumé.
Le point rouge clignotait.
Tout avait été enregistré.
Le divorce.
Le chèque.
La bague.
La phrase d’Armand.
Les menaces de Marc.
Le dossier du médecin.
Marc le vit.
Son expression changea.
Pour la première fois, il eut peur.
Il tendit la main.
« Donne-moi ça. »
Élise recula le téléphone contre sa poitrine malgré la douleur.
« Ne m’approche pas. »
Marc fit un pas de plus.
Samuel Renaud s’interposa.
« Monsieur Vidal, sortez de cette chambre. »
« Vous êtes fini », cracha Marc.
« Peut-être », répondit le médecin.
« Mais vous, vous êtes déjà entendu. »
Dans le couloir, des pas rapides résonnèrent.
Armand tourna brusquement la tête.
« Qu’est-ce que vous avez fait ? »
Samuel répondit sans hausser la voix.
« J’ai appelé la police avant d’entrer.
Et l’agence régionale de santé. »
Inès se mit à pleurer silencieusement.
Cette fois, il n’y avait plus de victoire dans son visage.
Seulement la peur d’avoir lié sa vie à un homme capable de transformer un corps humain en monnaie d’échange.
Marc se retourna vers elle.
« Toi, tais-toi. »
Cette brutalité nue fit vaciller Inès.
Élise vit alors ce qu’elle n’avait pas vu avant : Inès n’était pas seulement une rivale.
Elle était aussi une femme qui avait cru à la version de Marc.
Une autre pièce déplacée sur son échiquier.
La porte s’ouvrit.
Deux policiers entrèrent, suivis d’une femme aux cheveux gris en désordre, portant un manteau par-dessus une chemise de nuit.
Hélène Vidal.
La mère de Marc.
Élise la connaissait peu.
Hélène vivait à part, dans une maison près d’Annecy, loin des réceptions de son mari.
Marc disait toujours qu’elle était fragile, confuse, incapable de supporter les affaires familiales.
Mais la femme qui