ses costumes et évita soigneusement de s’asseoir.
« Je ne pensais pas ça de toi », dit-elle dans l’entrée.
« Parce que ce n’est pas arrivé. »
« Marc a fait une opération pour ne plus avoir d’enfant.
Et deux mois après, tu es enceinte. »
« Une vasectomie n’est pas immédiatement efficace. »
La sœur de Marc soupira avec une pitié qui humilia Élise davantage qu’une insulte.
« Toutes les personnes prises en faute ont une explication. »
Deux jours plus tard, sa belle-mère lui envoya un long message sur la loyauté et la honte.
Un couple d’amis annula un dîner prévu depuis des semaines.
Puis Marc publia une photographie de lui et Chloé dans un restaurant de Cassis.
La mer était derrière eux.
Chloé posait une main sur son épaule.
La légende disait : « Certaines vérités font mal, mais elles libèrent. »
Élise lut ces mots assise sur le sol de sa salle de bains après une nouvelle nausée.
Elle resta longtemps à observer le visage de son mari sur la photo.
Quelque chose n’allait pas.
Marc ne ressemblait pas à un homme qui venait d’apprendre que sa femme l’avait trahi après huit années de mariage.
Il ressemblait à un homme soulagé.
Cette pensée s’installa en elle.
Elle devint impossible à chasser.
Dix jours après son départ, Marc demanda à Élise de le retrouver dans une brasserie près du Vieux-Port.
Quand elle arriva, Chloé était assise à côté de lui.
Une chemise cartonnée beige attendait sur la table.
Élise resta debout.
« Elle doit vraiment être là ? »
Marc désigna la chaise vide.
« Assieds-toi. »
« Réponds-moi. »
Chloé baissa les yeux.
« Je suis là pour le soutenir », dit-elle.
Élise eut un rire incrédule.
« Le soutenir contre sa femme enceinte ? Quelle épreuve. »
Marc poussa le dossier vers elle.
« Je veux qu’on règle le divorce rapidement. »
Élise parcourut les pages.
Vente de certains biens.
Renonciation partielle à l’épargne professionnelle de Marc.
Conditions sur leur appartement.
Demande de séparation immédiate des comptes.
Puis elle arriva au paragraphe concernant l’enfant.
Marc refusait toute reconnaissance de paternité avant un test ADN.
Ce n’était pas tout.
Une clause prévoyait que, si l’enfant n’était pas de lui, Élise devrait rembourser certaines dépenses engagées pendant le mariage, sur la base d’une prétendue tromperie financière liée à leur union.
Elle releva la tête.
« Tu veux me facturer notre mariage ? »
« Je veux protéger ce qui m’appartient. »
« Ce qui t’appartient ? J’ai payé la moitié du crédit pendant six ans. »
Marc pinça les lèvres.
« Signe, Élise.
Évite-nous davantage d’humiliation. »
« Tu parles d’humiliation alors que tu es venu avec ta maîtresse me faire signer un divorce avant mon premier rendez-vous médical ? »
Chloé rougit.
Marc frappa la table du plat de la main.
« Arrête de jouer la victime. »
Plusieurs clients se retournèrent.
Élise le regarda longuement.
Puis elle referma le dossier.
« Non. »
« Quoi, non ? »
« Je ne signe rien. »
« Tu vas perdre beaucoup plus si tu traînes. »
Élise repoussa le dossier vers lui.
« Alors nous verrons ça avec des avocats. »
Elle quitta la brasserie avec les jambes molles, mais pour la première fois depuis l’annonce de